Coûts Énergétiques 2025

Montée des coûts de l’énergie et impact sur la rentabilité industrielle

Un risque croissant pour la rentabilité industrielle

5 minutes de lecture / 25 avril 2025

Les halls de production, entrepôts et grands ateliers présentent des besoins de chauffage exceptionnellement élevés. Leur volumétrie, leurs hauts plafonds et souvent une faible isolation interne l’expliquent en grande partie. Les industriels français font face à un choc énergétique sans précédent. Après avoir presque doublé (+94%) entre 2019 et 2023, la facture énergétique de l’industrie (hors matières premières) s’est élevée à 22,7 milliards € en 2023. Cette flambée des prix (électricité, gaz) pèse fortement sur les coûts de production. Les dirigeants doivent désormais composer avec des prix beaucoup plus élevés qu’avant la crise (1 tep coûtait 419 € en 2019 et 954 € en 2023), ce qui érode les marges des sites industriels.

Évolutions récentes des prix de l’électricité et du gaz

Les prix de l’énergie restent à des niveaux historiquement hauts. Sur le marché de gros, l’électricité s’est nettement renchérie : en 2023 le prix moyen hors TVA pour les entreprises a atteint 205 €/MWh (soit +57% par rapport à 2022). Pour le gaz naturel, la hausse sur un an a été plus modérée (+12% à 78 €/MWh) mais après deux années de bond importantes (+67% en 2022). En début 2023, la situation était encore plus tendue : entre janvier et septembre 2023 les tarifs industriels de l’électricité ont bondi de +75% (de 55 à 96 €/MWh) et ceux du gaz de +150% (de 18 à 45 €/MWh).

Les prix de l’énergie demeurent très volatils. Après un reflux au second semestre 2023 (grâce à des importations record de GNL et au redémarrage du nucléaire), les cours du gaz ont de nouveau augmenté fin 2024 (prix moyens européens au 2ᵉ semestre 2024 > 12 €/100 kWh, +12% vs 2023. De plus, certaines taxes et charges (CSPE, tarifs d’usage des réseaux, etc.) restent élevées et pourraient repartir à la hausse en 2025. Cette volatilité amplifie l’incertitude pour les industriels et rend la prévision des coûts complexe.

Conséquences pour la rentabilité et la compétitivité industrielle

L’augmentation des coûts énergétiques pèse directement sur les coûts de production. En moyenne, la facture énergétique représente 10% du chiffre d’affaires d’une entreprise industrielle française, contre 5% chez un concurrent allemand. Autrement dit, les industriels français sont deux fois plus exposés au risque prix. Face à la hausse des prix de l’énergie, 58% des industriels déclarent avoir comprimé leurs marges en septembre 2023, contre seulement 49% trois mois plus tôt. Par contraste, moins de 20% ont pu répercuter la hausse sur leurs prix de vente, du fait de la concurrence internationale.

Cette situation entraine une pression accrue sur la compétitivité. Les secteurs les plus énergivores (métallurgie, chimie, papier…) sont particulièrement touchés : ils voient leur facture grimper bien plus vite que la moyenne (par exemple +62% dans la filière équipements électriques et +37% dans l’agroalimentaire en 2023). Pour maintenir leurs positions, les industriels doivent intensifier les actions de maîtrise de la consommation. En l’absence de telles actions, la hausse continue des coûts de l’énergie peut conduire à des délocalisations d’activités, à des fermetures de sites peu rentables, ou encore à une baisse des investissements (chaque euro dépensé en énergie étant un euro en moins pour innover ou se moderniser).

Gestion proactive de l’énergie : préserver les marges

Pour limiter ces risques et restaurer la rentabilité, une gestion proactive de la consommation énergétique est indispensable. Plusieurs leviers sont disponibles, généralement avec des retours sur investissement rapides compte tenu des prix actuels. Par exemple :

  • Audit et pilotage énergétique : mettre en place un Système de Management de l’Énergie (ISO 50001) et des outils de suivi en temps réel (GTB, compteurs intelligents) permet de repérer rapidement les gisements d’économies. Un audit révèle souvent des gaspillages (fuites, arrêts incomplets de machines, éclairage inefficace…) dont la correction peut générer des économies annuelles équivalentes à plusieurs années d’investissements.

  • Investissements d’efficacité : moderniser l’équipement (moteurs à haut rendement, chaudières optimisées, éclairage LED, récupération de chaleur, etc.) réduit de façon durable la consommation. Avec l’envolée des prix de l’énergie et les aides publiques disponibles, des projets d’efficacité énergétique affichent souvent un ROI < 5 ans. Les certificats d’économie d’énergie (CEE) et le plan France 2030 encouragent financièrement ces investissements, ce qui les rend d’autant plus rentables pour l’industriel.

  • Sobriété opérationnelle : adapter la production pour éviter les pointes de consommation (décalage des horaires, lissage de la charge électrique) ou réduire la production lors de pics tarifaires permet de diminuer la facture. La modulation en fonction du prix (voire un recours au délestage intelligent) peut rapidement être remboursée par les économies.

  • Diversification et achats stratégiques : négocier des contrats de fourniture diversifiés (tarifs fixes, énergies renouvelables ou hybrides) ou installer de la production sur site (photovoltaïque, cogénération gaz performante, etc.) diminue la dépendance aux cours du marché. Cette stratégie a un double effet : elle limite les coûts d’approvisionnement et améliore l’empreinte carbone, facteur de compétitivité auprès des clients et des financeurs.

En conclusion, piloter activement sa consommation d’énergie est un levier de compétitivité majeur. Les projets d’efficacité et de sobriété, soutenus par des aides publiques, peuvent s’amortir en seulement quelques années. À terme, ils permettent de stabiliser les coûts et de protéger les marges contre la volatilité des prix. Dans un contexte où les coûts énergétiques sont appelés à rester élevés, cette approche proactive apparaît non seulement comme un impératif de rentabilité, mais aussi comme un investissement stratégique pour l’avenir industriel.

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